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Pourquoi ?

 

L'éducation à la non-violence et à la paix : pourquoi ?

 

 

 

 

1.1. Pour répondre à une demande de l’Onu :

 

 

 

   Les Nations unies s’attachent depuis de nombreuses années à promouvoir la notion de non-violence, et plus particulièrement le thème de l’éducation à la non-violence et à la paix.

 

 

1.1.1. "Décennie pour une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde" 2001-2010 (1998) :

 

 

   Le 10 novembre 1998, l'Assemblée générale de l'Onu a adopté à l'unanimité la résolution A/53/25, proclamant la décennie 2001-2010 "Décennie internationale de la promotion de la culture de la nonviolence et de la paix au profit des enfants du monde" et invitant «les Etats membres à prendre les mesures nécessaires pour que la pratique de la non-violence et de la paix soit enseignée à tous les niveaux de leurs sociétés respectives, y compris dans les établissements d’enseignement».

 

   L’Assemblée générale des Nations unies a renforcé cette résolution une année plus tard en adoptant le programme d’action pour la Décennie (Résolution A/53/L.79 du 10 septembre 1999), lequel invite les Etats à «renforcer une culture de la paix par l’éducation» et propose notamment de :

 

  • «faire en sorte que les enfants reçoivent, dès leur jeune âge, une éducation au sujet des valeurs, des attitudes, des comportements et des modes de vie qui doivent leur permettre de régler tout différend de manière pacifique et dans un esprit de respect de la dignité humaine et de tolérance et de non-discrimination» ;
  • «encourager la révision des programmes d’enseignement, y compris les manuels, dans l’esprit de la Déclaration et du Cadre d’action intégré concernant l’éducation pour la paix […]». (article 9).

 

 

1.1.2. Rapport Pinheiro sur la violence à l’encontre des enfants (août 2006) :

 

 

   Plus récemment, les Nations unies ont demandé à un expert indépendant, le professeur Sergio Pinheiro, une étude sur la violence à l’encontre des enfants. [M. Pinheiro a été professeur de relations internationales à Watson Institute of International Studies (Université de Brown) et chercheur au Centre d’Etude de la violence (Université de Sao Paulo), qu’il a fondé en 2001. Il a également rempli différentes fonctions politiques dans son pays, comme Secrétaire d’Etat pour les droits de l’homme sous le Président Cardoso et comme Rapporteur du Plan National Brésilien pour les Droits de l’Homme. Aux Nations unies, il a été Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar et a été membre de la sous-commission pour la protection et la promotion des droits de l’homme.]

 

   Dans son rapport, publié le 29 août 2006, il recommande aux Etats «de prévenir et de réduire la violence à l’aide de programmes spéciaux qui concernent l’ensemble de l’environnement scolaire, notamment en encourageant la création de compétences comme l’adoption de méthodes non violentes pour résoudre les conflits, en appliquant des politiques de lutte contre les brimades et en favorisant le respect de tous les membres de la communauté scolaire» et «de veiller à ce que les responsables et les enseignant-es se servent de méthodes d'enseignement et d'apprentissage non violentes».

  

   Ce rapport a été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies, dans une résolution datée du 23 janvier 2007 (résolution 61/146).

 

 

 

1.2. Pour s'inscrire dans une dynamique européenne :

 

 

 

1.2.1. Le Conseil de l’Europe :

 

 

   Le Conseil de l’Europe préconise depuis longtemps un enseignement portant sur les moyens de faire respecter les droits de l’homme et l’éducation à la citoyenneté et de les promouvoir par l’action nonviolente.

 

   En 1999, dans la recommandation 1401 relative à l’éducation aux responsabilités de la personne, l’Assemblée affirme la nécessité d’éduquer à la citoyenneté, d’«encourager dans les écoles […] les règles de la démocratie participative, par exemple en promouvant la participation directe à travers des conseils d’élèves/étudiants ou des parlements d’élèves».

 

   La recommandation relative à l’éducation à la citoyenneté démocratique, adoptée par le Comité des Ministres le 16 octobre 2002, «recommande aux gouvernements des Etats membres […] de faire de l’éducation à la citoyenneté démocratique un objectif prioritaire des politiques et des réformes éducatives». L’éducation à la citoyenneté démocratique, qui s’adresse aux élèves de l’enseignement primaire, secondaire et supérieur, ainsi qu’aux adultes, concerne, outre certaines disciplines (éducation civique, éducation politique, éducation aux droits de l’homme), «des méthodes et des pédagogies qui visent à apprendre à vivre ensemble dans une société démocratique […] telle que : résoudre les conflits de manière non-violente, argumenter et défendre son point de vue, entendre, comprendre et interpréter les arguments des autres, reconnaître et accepter les différences, faire des choix, considérer des alternatives et les soumettre à une analyse éthique, assumer des responsabilités partagées et établir avec les autres des relations constructives et non agressives» [Recommandation Rec(2002)12 aux Etats membres du Conseil de l’Europe relative à l’éducation à la citoyenneté démocratique,adoptée par le Comité des Ministres le 16 octobre 2002, 812e réunion des Délégués des Ministres.]

 

 

1.2.2. L’Union Européenne :

 

 

   La Commission européenne, dans le cadre de l’initiative "Violence à l’école" [Initiative mise en place initialement pendant les années scolaires 1997/98 et 1998/99, destinée à développer la coopération entre établissements scolaires des Etats membres de l’Union Européenne au sujet du problème de la violence en milieu scolaire.], a proposé plusieurs thèmes de coopération liés à l’éducation à la non-violence, en particulier, comme interventions préventives précoces : «stimuler les comportements pro-sociaux en classes maternelles et primaires ; interventions préventives auprès des élèves du secondaire ; ateliers de formation à la médiation adressés aux élèves et aux enseignant-es ; l’implication des élèves dans les programmes de prévention de la violence scolaire ; […] la pratique de la démocratie dans la vie scolaire ; […] intervention des pairs : médiation ; sensibilisation des jeunes élèves par des élèves aînés ; matériaux utilisés dans la prévention des comportements violents et dans la promotion des comportements sociaux (brochures, vidéos, livres, dépliants….) ; intégration de la prévention dans la vie journalière de l’école ; le travail avec l’élève : violence, agressivité, affirmation de soi, comment gérer une situation de violence ou d’agressivité».

 

   Il existe donc une réelle prise de conscience, au niveau international comme au niveau européen, de la nécessité d’introduire l’apprentissage de la gestion non-violente des conflits dans les structures qui accueillent des enfants et adolescents, notamment comme moyen de prévenir la violence.

 

  En France, si l’éducation à la non-violence et à la paix est longtemps restée en marge du système éducatif, une prise de conscience de l’utilité d’un tel enseignement, ou du moins des principes qui y sont liés, semble néanmoins apparaître progressivement dans le discours du Ministère de l’Education nationale. Ainsi, l’élargissement récent du socle commun de connaissances et de compétences a permis d’y introduire des compétences sociales et civiques et certains thèmes proches de l'éducation à la non-violence et à la paix.

 

 

 

1.3. Pour mettre en oeuvre le socle commun :

 

 

 

   Le socle commun de connaissances et de compétences pour la scolarité obligatoire, défini par la loi Fillon du 23 avril 2005 [Le socle commun est défini comme «un ensemble de connaissances et de compétences qu’il est indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société» (article L 122-1-1 du code de l’éducation).] , a été élargi par le décret D. n° 2006-830 du 11 juillet 2006, qui ajoute deux domaines aux 5 prévus, le domaine des “compétences sociales et civiques” (domaine 6) et le domaine “Autonomie et initiatives” (domaine 7).

 

   Selon le décret, l’objectif des compétences sociales et civiques est «de mettre en place un véritable parcours civique de l’élève, constitué de valeurs, de savoirs, de pratiques et de comportements dont le but est de favoriser une participation efficace et constructive à la vie sociale et professionnelle, d’exercer sa liberté en pleine conscience des droits d’autrui, de refuser la violence» [Décret D. n° 2006-830 du 11 juillet 2006, 6. Les compétences sociales et civiques, chapeau, p. 10.] . Le texte précise également que ce domaine de compétences n’a «pas encore fait l’objet d’une attention suffisante au sein de l’institution scolaire» [Décret D. n° 2006-830 du 11 juillet 2006, Annexe, p. 2.] .

 

   Dans la partie “Vivre en Société” du domaine 6 apparaissent des notions intéressantes au regard de la culture de paix et de non-violence : "savoir ce qui est interdit et ce qui est permis" (Connaissances), "communiquer et travailler en équipe" (Capacités), "le respect de soi ; le respect des autres ; le respect de l’autre sexe ; le respect de la vie privée ; la volonté de résoudre pacifiquement les conflits" (Attitudes).

 

   L’éducation à la non-violence et à la paix a justement pour finalité de transmettre les compétences psychosociales nécessaires au “bien” vivre en société.

 

 

 

1.4. Pour apprendre aux enfants à résoudre positivement un conflit :

 

 

 

   Aujourd'hui, de nombreux observateurs constatent que, très souvent, les jeunes sont démunis face aux conflits, lesquels dégénèrent trop facilement en violence. Il s'agit donc de donner aux enfants et adolescents les moyens pratiques du respect de soi, des autres et de l'environnement.

 

   L’existence de temps spécifiques pour l’éducation à la non-violence et à la paix permettra d’apprendre aux enfants et adolescents à gérer un conflit positivement, compétence très complexe qui demande la maîtrise de compétences sociales nombreuses. Citons par exemple :

 

  • Compétences qui touchent le domaine des émotions, des sentiments, des besoins et des désirs : connaître et savoir nommer ses émotions, savoir reconnaître les besoins non satisfaits derrière les émotions désagréables, savoir reconnaître les émotions chez l’autre, etc. ;
  • Compétences dans le domaine de la communication non-violente : apprendre à parler sans agresser et à écouter sans juger, etc. ;
  • Se connaître soi-même et en particulier ses manières de réagir en situation de conflit ;
  • Connaître les mécanismes de la violence : le mimétisme de la violence, l’escalade de la violence, les différentes formes de violence ;
  • Développer l’art de la coopération car l’issue positive d’un conflit tient à la bonne volonté coopérative des deux parties en confrontation ;
  • Etudier différentes sources de conflits : désir du même objet, les atteintes au corps volontaires ou involontaires, les certitudes d’avoir raison qui s’affrontent, les rumeurs, les moqueries, les intimidations, le souffre-douleur, les tricheries, etc. ;
  • La formation à la négociation et à la médiation ;
  • Connaissance des règles et règlements qui régissent la vie dans le groupe et dans la strucure d'accueil. Apprendre à participer à l’élaboration des règles. Savoir ce qui est négociable et ce qui ne l’est pas ; comprendre l’esprit de la loi ; réflexion sur les transgressions et sur les sanctions.

 

1.5. Pour aider à la prévention de la violence :

 

 

 

   En Europe comme en France, l’actualité revient régulièrement sur la violence à l’école. Les premières études menées depuis plusieurs années, en particulier par l’Observatoire Européen de la Violence Scolaire (OEVS), font apparaître une situation sérieuse à laquelle aucun type d’établissement n’échappe.

 

   Dans ce contexte, la sanction des actes de violence à l’école, bien que nécessaire, est loin d’être suffisante. Elle doit s’accompagner de la mise en oeuvre d’une formation concrète des enfants et adolescents à la nonviolence et à la paix, permettant de développer leurs compétences sociales et civiques indispensables au “bien” vivre ensemble.

 

   L’enseignement de l’éducation à la non-violence et à la paix fournit aux enfants et adolescents des outils concrets de gestion des conflits, des situations d’expérimentation et des occasions de mettre en application ces savoir-faire pratiques dans la mise en place au sein des structures d'accueil d’un certain nombre de dispositifs concrets de gestion pacifique des conflits : dispositifs de médiation par les pairs, de régulation collective des conflits, etc. A travers ces dispositifs, les enfants et les adolescents ayant précédemment reçu une bonne formation à la non-violence et la paix pourront mettre en application leurs savoir-faire psychosociaux tout en contribuant au “bien” vivre ensemble dans les différentes strucures où ils évolueront.

 

 

 

1.6. Pour mieux vivre ensemble, vers une nouvelle culture :

 

 

 

   Les compétences psychosociales, qui interviennent dans tout processus d’adaptation ou de modification de comportements, représentent une clé essentielle dans le développement personnel et relationnel de toute personne, et en particulier de tous les enfants et adolescents.

 

   D’une part, l’acquisition de ces compétences est un facteur incontournable pour l’apaisement des relations que les enfants et adolescents entretiennent avec leur entourage dans l’école, dans leur famille, dans les lieux de loisirs et dans la rue.

 

   D’autre part, ces compétences cultivées tout au long de leur scolarité seront des atouts précieux pour réussir leur vie professionnelle, leur vie citoyenne et même leur vie personnelle, leur vie familiale, etc. puisque l’éducation à la non-violence et à la paix permet de développer des aptitudes citoyennes les rendant acteurs de la vie démocratique de notre société, contribue à la gestion des conflits sociaux, participe à la promotion du principe d’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’à la lutte contre les violences conjugales, etc.

 

   De façon plus générale, l’éducation à la non-violence et à la paix participe à la défense et au développement de la société et de la culture démocratiques.