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Comment ?

 

L’éducation à la non-violence et à la paix : comment ?

 

 

 

   Pour permettre une éducation à la non-violence et à la paix efficace et réelle, il est nécessaire qu’une formation à la non-violence et à la paix soit introduite à tous les niveaux du système éducatif français.

 

 

2.1. Un enseignement qui peut être transversal…

 

 

   Le souci d’éduquer au vivre ensemble est partagé par chacun des adultes travaillant auprès des enfants et adolescents : en ce sens, le vivre ensemble est une matière pluridisciplinaire et transversale.

 

   Chaque discipline peut et doit en effet intégrer, dans son contenu même, des éléments de réflexion sur la non-violence et la paix. Il n’est pas de discipline qui ne puisse trouver les moyens d’y apporter une contribution : faire l’expérience de l’apprentissage coopératif en mathématiques, en éducation sportive ou en éducation musicale, étudier les causes des conflits, l’abolition de l’apartheid, l’abolition de l’esclavage, les combats en faveur de la démocratie et des droits humains, la résistance civile, etc.

 

 

2.2. …mais qui nécessite surtout un apprentissage spécifique

 

 

   Si l'éducation à la non-violence et à la paix doit bénéficier d'un traitement transversal, elle ne peut s'y réduire. En effet, l’éducation à la non-violence et à la paix enseigne des pratiques et un contenu très spécifiques qui ne relèvent d’aucune matière actuelle et qui nécessite une approche pédagogique particulière : par cette éducation, il s'agit prioritairement de faire évoluer les comportements des enfants et des adolescents vers un mieux être et un mieux vivre ensemble, de leur permettre d'acquérir un certain nombre de compétences psychosociales qui doivent améliorer notablement la qualité de la communication entre les enfants et de la communication entre enfants et adultes.

 

   L’apprentissage du vivre ensemble nécessite de faire un travail en profondeur sur les notions de conflits, de violence, de construction de la paix, de droits humains, de lutte contre le racisme ou de mixité... Un temps spécifique permet de développer ce travail d’approfondissement à partir des problèmes concrets vécus par les enfants et adolescents. Il permet également de faire l’apprentissage de pratiques concrètes de gestion des conflits.

 

   Ce temps consacré à l’éducation à la non-violence et à la paix doit être proposé dès le plus jeune âge, les habitudes comportementales devant être prises très tôt et renforcées tout au long de la scolarité.

 

 

2.3. Un apprentissage non-disciplinaire :

 

 

   Le temps consacré à l’éducation à la non-violence et à la paix comporte une part de transmission de connaissances telles que la connaissance intellectuelle des mécanismes qui entrent en jeu dans le déroulement des conflits.

 

   Mais elle vise surtout à transmettre un savoir-faire social qui se traduise concrètement dans des comportements individuels favorisant le bien vivre ensemble.

 

   C’est pourquoi l’éducation à la non-violence et à la paix ne peut pas être considérée comme une discipline : il s’agit d’un temps spécifique, non disciplinaire, avec des méthodes pédagogiques propres et une évaluation particulière, sans notation.

 

 

 

2.3.1. Avec des méthodes pédagogiques spécifiques :

 

 

  Pour favoriser l’apprentissage du bien vivre ensemble, les éducateurs utilisent des méthodes qui mettent en jeu, non seulement la pensée, mais également le corps et les émotions. Chaque séquence cherche à conjuguer harmonieusement les trois dimensions du développement de l’enfant et de l'adoslescent, c’est-à-dire les dimensions cognitives, sensori-motrices et socio-affectives.

 

  Les techniques doivent être variées pour éviter la monotonie et pour essayer de toucher tous les jeunes dans leurs différences et la variété de leurs formes d’intelligence. Les méthodes actives permettent la transposition de ce qui a été fait en atelier à la vie quotidienne (scolaire, familiale, relationnelle). Chaque exercice est suivi d’une mise en commun et fait le lien avec le vécu des jeunes.

 

 

2.3.2. Avec une évaluation sans notation :

 

 

   On ne peut évaluer l’évolution d’un comportement comme on évalue l’acquisition d’une connaissance : l’apprentissage de l’éducation à la non-violence et à la paix est donc un apprentissage non disciplinaire, qui échappe à l’évaluation par la note. Il s’agit d’évaluer systématiquement la progression de l’enfant ou l'adolescent et d’apporter des conseils précis pour l’améliorer : cette évaluation peut se faire par l’éducateur (sans passer par la note) ou par l’élève lui-même.

 

 

2.4. Un apprentissage supplémentaire : du temps perdu ?

 

 

   Loin d’être pour les enfants et les adolescents une surcharge de travail dans un emploi du temps déjà bien rempli, ce temps spécifique pour l’éducation à la non-violence et à la paix est conçu comme un moment de dialogue, un moment où les enfants et les adolescents apprennent à mieux se connaître les uns les autres et à mieux comprendre la portée des mots, un moment de soulagement des tensions et des craintes accumulées et intériorisées qui empêchent souvent la concentration et l’écoute attentive. Ce temps vise également à permettre un dialogue permanent entre les élèves et les adolescents, d'une part, et les membres de la communauté éducative, d'autre part.

 

   Ce moment consacré à l’apprentissage du “vivre ensemble” peut contribuer à instaurer un climat apaisé au sein de la structure. Loin d’être une perte de temps, le temps consacré à l’éducation à la non-violence et à la paix sera largement compensé par le temps actuellement perdu à établir le calme dans les groupes d'enfants et d'adolescents. Les problèmes d’incivilité et de violence qui affectent aujourd’hui les institutions d'accueil des enfants et adolescents peuvent trouver dans cet enseignement de l’éducation à la non-violence et à la paix un moment de discussion qui contribuera à l’apaisement des conflits et des tensions.